Macron-Hezbollah, même combat



Article 24 de la sainte loi sur la «sécurité globale». Rien que son nom fout les pétoches, avec ses petits relents de SF des années 70. Comme si l’arsenal législatif existant ne suffisait déjà pas. Le sujet agite les journalistes et les photographes de presse français depuis des semaines, Même le service de presse de l’Elysée (BFM) s’est finalement décidé à en parler, c’est dire. Décidément, les gouvernements se suivent et se ressemblent, comme disait la chanson.


Je pensais qu’on avait touché le fond avec Patouch la Mouche (Castaner) et son comparse Loulou le Pou (le préfet Lallement qui doit avoir des posters de Bussière et Papon dans son bureau), mais non. Il y a toujours plus profond que le fond (comme disait la chanson également). On a droit maintenant à Hugo l’Asticot (Darmanin) qui s’est dit qu’il devait lui aussi laisser sa trace dans l'Histoire de France avec sa bonne grosse loi bien globale. La droite française m’étonnera toujours. J’ai souvent entendu cette phrase merveilleuse dans sa bouche: si vous n’avez rien à vous reprocher, vous n’avez aucune raison de contester le flicage et les caméras de surveillance. Nous n’avons plus qu’à lui retourner la politesse: si les policiers de la BRAV-M n’ont rien à se reprocher dans leur gestion des manifestations, nous ne devrions pas accepter de flouter leurs visages. Sous peine d’aller en taule tout de même, et de 45000 euros d'amende. Rien que ça. Je me souviens d'un truc qui s'appelait la liberté de la presse, d'une loi du 29 juillet 1881 dont mes profs m'avaient vaguement parlé à l'école. Avais-je rêvé?


Mais donc, pourquoi ce titre, Macron-Hezbollah, même combat? J’y viens. Je me suis longtemps demandé ce que Roméo le Crapaud (Macron) avait bien pu dire au représentant du Hezbollah lors de ses deux dernières visites à Beyrouth, en août juste après l’explosion du port, puis le 1er septembre à son retour pour célébrer le centenaire du Grand Liban. En le voyant repartir avec ses certitudes, je me suis dit qu’il s’était fait rouler dans la farine par les proxies syriens (Berry and Cº). Ses prédécesseurs l’ont tous fait, alors pourquoi pas lui? De Mitterrand après l’assassinat de l'ambassadeur Louis Delamare en 1981 à Sarkozy avec cette indécente invitation de Bachar pour le défilé du 14 juillet 2008, en passant par Chirac qui pensait se mettre Assad fils dans la poche en assistant aux funérailles d’Assad père en 2000, l’histoire ne fait que se répéter. C’est quand même dingue de ne rien apprendre des erreurs des autres.

Au moment de la tournée triomphale de Macron dans les rues de Gemmayzeh, on a aussi entendu tout et n’importe quoi. La gauche française m’étonnera toujours, avec ses poses sottes et dogmatiques, du genre «Si vous l’aimez tant que ça Macron, gardez-le! C'est le pire de tous!». C’est quand même bizarre qu’on ne l’entende jamais sur l’admiration de Léon le Bourdon (Mélenchon) vis-à-vis de la politique russe en Syrie. Bref. La visite de Macron avait un sens puissant pour les habitants de Beyrouth. Point final. Mais ça, quand on ne regarde que le bout de son nez, c’est difficile à voir. A deux reprises donc, le président français s’est entretenu avec le personnel politico-mafieux du Liban. Qu’attendait-il de son entrevue avec le ponte du Hezbollah? Qu’ils désarment? Qu’ils cessent de gangréner le pays? Qu’ils mettent fin à la corruption? Rien de tout cela évidemment.


J’ai trouvé la seule explication possible: il a dû lui demander des conseils sur la gestion des journalistes et des photographes, parce qu'ils savent y faire chez les barbus. Au Liban, c’est la règle: si vous voulez faire votre boulot, faut faire là où on vous dit de faire. Demander des autorisations pour respirer et appuyer sur le déclencheur. Sinon, c’est la ratonnade ou l’arrestation assurée par les chemises brunes du Hezb (je sais de quoi je parle). C’est ni plus ni moins ce que demande aujourd’hui Hugo l’Asticot (voir sa conférence de presse surréaliste cette semaine): il faudrait maintenant se faire connaître de la préfecture de police pour faire son boulot de photographe. Bravo les gars.

J’entends beaucoup ça ces derniers temps, mais je ne crois pas que Macron ait pour autant envie de transformer la France en dictature. Les mots ont un sens. Ceci dit, il fait tout pour paver la voie à Grace la Limasse (Marine) qui se régalera de la nouvelle loi sur la sécurité globale si (quand?) elle prend le pouvoir. Merci Roméo.


PS: pour celles et ceux qui ne connaissent pas toutes ces Drôles de petites bêtes, je conseille vivement d'aller chez un libraire pour acheter ces livres pour enfants. Sauf qu'on ne peut pas en ce moment...

A lire sur le blog.

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