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Atelier d’écriture au collège Politzer


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Voici le 3e et dernier atelier d’écriture réalisé dans le sillage du roman Mustapha s'en va-t-en guerre, paru chez chez Riveneuve en septembre 2021. Ce projet est né d’une collaboration avec l’association Citoyenneté Jeunesse qui organise principalement des activités pour les élèves du département de Seine-Saint-Denis, en partenariat avec le conseil départemental. L’année dernière, l’équipe de l’association m’avait ainsi proposé un atelier d’écriture de 20 heures, avec les élèves d’une classe de 3e du collège Maï et Georges Politzer à Montreuil, établissement classé REP (Réseau d’éducation prioritaire). Notre objectif: produire un journal-école autour du thème de la Guerre d’Algérie. J’avoue, j’aurais bien aimé avoir eu ce genre d’atelier pendant ma scolarité dans les années 80...


Février-avril 2023: la rencontre et l’écriture

Nous avons mené cet atelier à plusieurs: avec Céline Gatel (chargée de projet chez Citoyenneté Jeunesse) et les professeures Nesrine Debabi (français), Françoise Daireaux (histoire-géo) et Karine Banquy (documentaliste), nous avons donc accompagné les 23 élèves de 3eE tout au long du projet. Tout d’abord en définissant les sujets que nous allions traiter dans le journal-école, lors d’une conférence de rédaction. Les élèves se sont alors répartis de la façon suivante: par groupe de 4 pour les interviews de témoins de la Guerre d’Algérie, et en tandem pour les articles thématiques.


Le 22 mars, nous avons donc accueilli au collège plusieurs témoins de la guerre, grâce à Jean Salvat et Emma Coutin de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONaCVG): Jacqueline Brenot, Jacqueline Messaouda Gozland, Messaoud Guerfi, Georges Morin, Christian Travers, auxquels s’est ajouté Bachir Hadjadj (rencontré ultérieurement). Qu’ils ou elles soient combattant de l’ALN, pied-noir, appelé du contingent français, harki ou juive d’Algérie, tous avaient des histoires à raconter. L’occasion idéale pour confronter les points de vue, les mémoires et les expériences. Lors de la séance précédente, les élèves avaient préparé une liste de questions (ouvertes ou fermées), afin de réaliser des interviews sous forme questions-réponses. Cette rencontre avec nos témoins, aussi intéressante que touchante, a certainement été le cœur du réacteur de notre atelier.



Une fois ces longues interviews retranscriptes, les élèves ont dû sélectionner les passages les plus intéressants et les plus cohérents en fonction de l’angle choisi, puis écrire la titraille (titres et chapôs) de chacune des interviews, et les légendes des photographies.


Les semaines suivantes, ils ont ensuite réalisé leurs textes thématiques dont les sujets avaient été discutés en conférence de rédaction. Avec comme consigne – pas toujours respectée, c’est vrai – de s’affranchir de Wikipédia et de ChatGPT... L’objectif pour moi n’était pas de bourrer le crâne des élèves de dates et de noms d’hommes politiques d’un autre temps, mais d’amener les élèves à aborder un même événement sous différents angles, entre les conséquences de la colonisation, les raisons du déclenchement de cette guerre par le FLN et son impact sur les Algériens comme sur les Français d’Algérie. Cette démarche de confrontation des points de vue, me semble-t-il, constitue la première pierre à la construction de l’esprit critique et de la citoyenneté, et à l’acception de "l’autre".


Mai 2023: l’ultime séance pour la couverture

Lors de notre dernière séance le 30 mai dernier, nous avons survolé la maquette conçue sur InDesign grâce via un rétroprojecteur, puis travaillé sur le titre principal de couverture du journal-école.

L’objectif, pour les élèves, était avant tout d’identifier les mots-clé principaux du travail d’écriture réalisé autour de la Guerre d’Algérie, puis de proposer des options de titre afin d’accompagner une photo piochée dans mes archives, prise en mars 2019 lors d’une manifestation d'Algériens à Paris, place de la République, dénonçant alors un éventuel 5e mandat du clan Bouteflika. Signe des temps, ce jour-là, la jeunesse algérienne boostée par le hirak demandait que le "FLN périmé" soit remisé "au musée" de l’Histoire.



Deux semaines après cette ultime séance au collège, la maquette des 36 pages du journal-école était prête, corrigée et finalisée. Direction l’imprimerie!


Pour les curieux, une version numérique est disponible sur Calaméo, vous n’avez qu’à cliquer sur l’image ci-dessous pour la feuilleter.


Juin 2023: la restitution du journal-école

Quelques jours avant les épreuves du brevet, les élèves de 3eE et l’équipe d’encadrement se sont retrouvés au collège pour découvrir la version imprimée du journal-école réalisé au cours de l’atelier. Un moment toujours excitant. Pour tout le monde...

David Hury, Françoise Daireaux, Karine Banquy, Céline Gatel et Nesrine Debabi.

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