Transit à Drancy



Drancy. J'entends ce nom depuis que je suis enfant. Il est synonyme de déchirement, de larmes, de disparition, de sous-nutrition, de brimades. De trains aussi, au départ de la gare de Bobigny, à moins de deux kilomètres. Des "convois" comme ils sont appelés officiellement.


Cela fait maintenant plus d'un an que j'ai commencé mes recherches historiques et documentaires pour mon prochain roman. Deux épisodes marquants se dérouleront dans ce qui s'appelle aujourd'hui la Cité de la Muette, alors en construction quand elle a été réquisitionnée en 1941 pour servir de camp de transit. Pour ces dizaines de milliers de malheureux qui ne savaient pas la nature de leur terminus. Quelque part en Pologne.


Jusqu'aujourd'hui, Drancy n'était pour moi qu'une station de RER sur le chemin de l'aéroport Charles de Gaulle. Il me fallait mettre des images sur ce lieux mille fois décrits. Au Mémorial de la Shoah situé en face de ce complexe HLM en forme de U, j'ai rencontré des gens passionnés par l'Histoire. J'ai raconté mon projet. Ils s'inscriront naturellement dans mon travail.


Maintenant j'ai vu. Ce camp était grand. En béton. Inhumain. En 1943, la nomination d'Alois Brunner à la tête de ce camp de transit a permis l'industrialisation des départs vers Auschwitz-Birkenau, avec la complicité de Français. Il ne faut pas oublier cela.


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