Les larmes de Figuig.
Maroc, 2021.

Figuig est une oasis merveilleuse, envoûtante, comme dans les livres pour enfants. Mais une oasis qui se meurt. Le titre de cette série vient du surnom donné aux sillons tracés sur les murs de terre par les gouttes de pluie: les larmes de mur. A Figuig, l'eau est partout, à la fois synonyme de vie et d'agriculture, et de destruction(s) quand les hommes ne reconstruisent pas. La découverte de Figuig – grâce à Hassane Benamara, Abderrahmane Benkerroum et Rabia Boulenouar – m'a laissé un goût étrange. Je pensais cette oasis figée dans le temps, je pensais retrouver ce que j'avais décrit dans le roman Mustapha s'en va-t-en guerre (éd. Riveneuve, 2021), au cours des années 1920-1930. La réalité d'aujourd'hui est différente. Privée du statut de patrimoine mondial de l'Humanité par l'UNESCO, sclérosée par les questions compliquées d'héritage, Figuig voit ses vieux quartiers fortifiés (ksar au singulier, ksour au pluriel) se désagréger.

Dans cette série, je vous emmène dans les ksour de Loudaghir, de Zenaga ou de Hammam el-Tahtani, dans la palmeraie, le long du jorf (la falaise qui scinde l'oasis en deux), et à l'extérieur de la ville vers le Marabout de Si Abd el Kader Mohamed. Pendant des siècles, Figuig fut un carrefour commercial pour les caravanes à l'entrée du Sahara et un refuge pour tous les rebelles de la région. Aujourd'hui, Figuig est privée de sa position centrale par une frontière absurde inventée par les colons français et que Marocains et Algériens ont clos en 1994. Elle constitue aujourd'hui le "dead end" d'une route à l'extrême-est du Maroc. Un "dead end" malgré tout merveilleux dont les vieux quartiers fortifiés tombent en ruine à l'ombre des palmiers-dattiers, ultimes richesses des Figuig

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